J'écoute : Archive, Rameau, Monteverdi Je lis : Dostoïevski, c'est long et épais, mais c'est trop génial. Je joue : de la zique. P'tain, c'est beau, Bach. Je mange : de la soupe ! Je bois : de l'eau, beaucoup d'eau. (mis à jour lundi 26 février 2007 à 21:05)
Olivier Besancenot
Olivier est un révolutionnaire. On l'imagine bien, notre petit facteur de Neuilly-sur-Seine, jeter rageusement le courrier des bourgeois dans les boîtes aux lettres. Peut-être qu'il ose même, parfois, une grimace de dédain. Ouah !
Aux meetings d'Olivier, il y a souvent des jeunes. Ils disent que le prolétariat peut triompher, si on est tous unis, que les bourgeois c'est rien que des méchants. Ils se quittent en chantant l'international, poing levé, et après, ils rentrent chez eux. Manu s'arrête pour acheter des clopes, et puis ses potes les lui taxent, parce que Manu il est cool, et qu'entre révolutionnaires on est solidaires. Enfin surtout Manu, parce que c'est son papa qui paie, et puis les autres, de toutes façons, ils n'ont pas grand chose à donner. Après, on squatte chez Claudia, parce qu'elle est sympa, Claudia. On écoute de la musique en faisant tourner des oinjs.
Dehors, au pied de chez Claudia, y'a un clodo qui dort sous son carton. La révolution ne l'a même pas réveillé, en passant.
Finalement, peut-être que l'abbé Pierre ou Coluche étaient plus révolutionnaires que Besancenot.
Arlette Laguiller
Le paradoxe, avec Arlette, c'est que tout le monde l'aime bien. On dit "Ah, Arlette !", avec un sourire attendri ou, au moins, indulgent. Et quand on est révolutionnaire, qu'on veut couper les couilles aux patrons, se faire traiter de gentille [un peu comme Rogue, qui lui est vraiment gentil :p], c'est quand même un comble, presqu'une insulte ! Pauvre Arlette !
Si tout le monde l'aime bien, c'est parce qu'elle nous fait un peu rêver, Arlette, depuis le temps qu'elle nous parle de la révolution. Mais voilà, en 30 ans, elle n'a pas fait grand chose de plus, apparemment, que de faire rêver. On la voit sortir, tous les 7 ou 5 ans, comme un coucou de son horloge, et puis hop, elle redisparaît.
Cette fois, il semble donc qu'elle apparaîtra pour la dernière fois. Adieu Arlette, donc, tu nous manqueras un peu, parce que même si c'est que du rêve (pour les uns, et du cauchemar pour les autres), c'était toujours ça.
* Des portraits complètement subjectifs, pour que j'essaie de trouver qui aura mon suffrage.
Quant on en est à se demander pour qui on va voter, à un mois des élections, alors qu'on connait le programme socialiste, qu'on connait Bayrou, qu'on connait trop Sarkozy... Je crois qu'il vaut mieux s'abstenir. C'est pas une obligation de voter ! Et le volet démago sur Besancenot est assez bas. Il a effectivement un salaire de facteur, et t'es bien content de trouver du courrier dans ta boite, non ?!
Selfmade, t'es un marrant, toi ! :-)
Donc, si on n'a pas fait son choix au moins un mois avant le 1er tour, faut pas voter, c'est ça ? Mais tu sais que la liste des candidats n'est arrêtée que depuis moins d'une semaine ? Que la campagne officielle commence seulement ? Et donc, c'est quoi selon toi la date limite pour se faire une opinion ? Curieuse idée de la démocratie en tout cas. Tiens, je vais te dire un truc : qu'on soit sûr de son choix 6 mois à l'avance, qu'on ait lu attentivement tous les programmes, ou bien qu'on se décide au dernier moment, voire qu'on vote au hasard, ben au final, le bulletin, dans l'urne, il a exactement le même poids. C'est terrible, hein, mais c'est comme ça.
Quant au "volet démago", tu sais, j'ai pas de public à séduire, je ne suis pas en campagne, moi. Je n'ai rien non plus contre les facteurs (ben oui je suis content d'avoir mon courrier, je ne vois pas le rapport, mais bon). Simplement, j'ai du mal à comprendre comment on peut se dire "révolutionnaire", citer Che Guevara, et se lever chaque matin tranquillement pour aller distribuer le courrier. J'imagine mal Che Guevara en salarié tranquille, qui touche sa paie à la fin du mois. Il faut bien gagner sa vie, certes. Et sans doute que la France d'aujourd'hui, c'est pas la Bolivie des années 60, que la révolution n'y est pas nécessaire. Ben alors faut pas se prétendre révolutionnaire, voilà tout ! Et si on veut vraiment se consacrer aux pauvres, y'a tout-à-fait moyen de le faire, et y'a pas besoin de se présenter aux présidentielles pour y arriver. C'était le sens des 2 exemples que je donnais.
Tu ne sais rien de ce que Besancenot fait pour le pauvre, et lorsque tu cites une pseudo soirée qu'il passerait en compagnie d'autres de son parti sans se préoccuper du SDF en bas sur le trottoire, tu es démagogique, oui, je le pense. Quant à moi, je n'ai pas honte de faire campagne pour une candidate en particulier et je n'en attends rien de particulier en ce qui me concerne, si ce n'est pour la société dans laquelle on vit.
Mais je maintiens qu'attendre qu'on te dise "c'est bon, c'est à toi de décider" pour se décider est davantage que surprenant, c'est sidérant ! On les connait tous ! Du moins, pour ceux qui ont une chance d'accéder à l'Elysée. Les autres, c'est à d'autres élections qu'ils devraient se présenter, mais pour ça j'en convient, il faudrait de la proportionnelle.
Et puis, comme on est cool, on fait chier le voisin du dessous avec notre bordel, lui, le sale bourgeois, qui bosse au lieu de se branler les couilles comme nous...
Expérience vécue.
Selfmade-> "lorsque tu cites une pseudo soirée qu'il passerait en compagnie d'autres de son parti sans se préoccuper du SDF en bas sur le trottoire, tu es démagogique, oui, je le pense"
Euh, Manu et ses potes, là, dans ma p'tite histoire, c'était des militants, c'était pas Besancenot. Des militants révolutionnaires, yeap, j'en ai vus quelques-uns, et j'en ai entendus. Et je ne les ai pas vraiment trouvés révolutionnaires, voilà.
Et vraiment, je ne vois toujours pas pourquoi il faut absolument avoir décidé un mois à l'avance du bulletin qu'on va mettre dans l'urne. Tu es sûr de toi, tu milites, bah si tu veux. Moi je suis moins sûr, et je ne vais certainement pas militer (c'est cohérent), voilà.
Je ne "milite" pas vraiment, je "propagandise", parce que je pense (et les données du CSA pour 2006 l'ont confirmé) que Sarkozy a bénéficié d'énormément de temps de plus que Royal (et a fortiori que les autres). Des médias très complaisants qui plus est et les plus gros : RTL et TF1.
Des branleurs qui se disent "révolutionnaires" on en connait tous, ou on en a tous croisés, cela dit, moi je respecte l'engagement de Besancenot et je trouve très facile de le moquer.
Bien-sûr qu'on est "baisé" ! Le "grand patronat" comme le dit Laguiller est remplacé par les pseudos grands entrepreneurs (Tapie en est un qui a un peu raté, mais c'est ça un "grand" entrepreneur comme Arnaud et d'autres), et les actionnaires qui exigent d'énormes rendements entraînent effectivement le licenciement de nombreux salariés et des cadences toujours plus fortes. (Un récent rapport sur le travail aux USA le confirme). Le plus fou : des retraités qui exploitent leurs propres petits-enfants, comme les retraités américains qui n'ont pu cotiser qu'à leurs fameux fonds de pension... dont on connait les recettes.
Très juste ce que tu écris sur Arlette. Elle fait partie de notre paysage politique avec un petit coté sympa. La revolutionnaire "gentille". Celle qui gueule mais que l'on apprecie. Peronnellement ce qui me plait chez elle ,c'est qu'elle ne retourne pas sa veste. 30 ans et toujours le meme discourt. Alors que certain on du mal à garder le meme cap plus de 30 jours. Arlette a des convictions et ca c'est tout de meme une belle qualité même si son programme n'a pour moi pas réaliste.
Quand Arlette chante, c'est de la verdure
Sur un monde difficile, dur.
Les paroles, bien sûr, ont un peu d'usure,
Mais elle chante avec un air pur.
Elle utilise la fraîcheur mentholée,
Le pipermint, pour donner son idée
De partager les baisers, les cerises,
Et même si c'est des bêtises...
Que c'est gentil,
Que c'est beau.
Arlette it be,
Arlette's go.
Quand Arlette chante, c'est du bleu, de l'azur
Sur les usines et leurs grands murs.
Les paroles, bien sûr, ont beaucoup d'usure,
Mais elle chante avec un air pur.
Elle nous suggère, la guerre, de pas la faire,
Que sur la terre les hommes sont des frères,
De partager les soucis, les chemises,
Et même si c'est des bêtises...
Que c'est gentil,
Que c'est beau.
Arlette it be,
Arlette's go.
Arlette !
Les belles idées passent comme les starlettes,
Et, dans l'impasse, il nous reste Arlette.
Quand Arlette chante, on sent du vrai amour
Quand les autres font de faux discours.
Que c'est gentil,
Que c'est beau.
Arlette it be,
Arlette's go.
Que c'est gentil,
Que c'est beau.
Arlette it be,
Arlette's go.
24/03/07 - 16:16
C'est tellement vrai pour Arlette. C'est bien ecrit en tout cas.
flikflak